Avengers: l’Ere d’Ultron / Joss Whedon / 2015

Avengers : L’ère d’Ultron : Affiche Copyright : © The Walt Disney Company France

On prend les mêmes et on recommence. Joss Whedon, créateur de la série culte Buffy the vampire slayer, reprend les commandes de ce nouveau volet des Avengers. Vu la bonne tenue du premier en 2012, il était permis de penser que la qualité et le plaisir seraient au rendez-vous. Marche arrière toute pour ce nouvel épisode qui tient plus du jeu vidéo en panavision 3D que de la création cinématographique. Avengers: l’Ere d’Ultron, film sans esprit et sans âme, s’inscrit dans cette tradition purement industrielle du cinéma. Soutenu par de nombreux partenaires publicitaires, il se présente comme un produit marketing mondial et témoigne de la suprématie galopante de l’empire Disney sur l’industrie du cinéma. Très occupés à définir des concepts de vente, Disney et Marvel Studio oublient l’essentiel : produire du rêve et rester fidèle à l’esprit des comics.

Avengers : l’Ere d’Ultron se présente avant tout comme un produit directement issu du marketing cinéma. Dévoilée le 23 octobre 2014, la bande-annonce est visionnée, selon la firme spécialisée Zefr, un peu plus de 50,6 millions de fois sur la plateforme Youtube en l’espace d’une semaine. Ce record ne restera pas le seul. Si l’on poursuit avec les chiffres, les indices du box-office établissent que ce film est maintenant devenu le troisième plus gros succès de tous les temps, avec 1,5 milliard de recettes dans le monde.

Avengers : L’ère d’Ultron : Photo © Marvel 2015 Avengers : L’ère d’Ultron : Photo © Marvel 2015

Débauche d’effets spéciaux numériques, ciblage mondial, le film cherche à faire de la surenchère avec la prétention d’obtenir une sorte de synthèse de tous les genres du cinéma fantastiques ou de science-fiction : un peu de X-Men , un peu de film catastrophe, un peu de Superman, un peu de Star Strek, … «vers l’infini et au-delà» ! Les personnages, noyés dans les effets numériques, dépourvus d’humanité, sont intégrés eux-aussi à ce syncrétisme marvelien racial et culturel. Pour mettre en scène ces univers et présenter tous les super-héros favoris aux fans, Joss Whendon construit un film exsangue, aux images délavées, servi par des dialogues vulgaires et un scénario simpliste voire inepte. La réalisation, dépourvue d’élan et de rythme, ne trouve pas d’équilibre, ballottée entre d’intenses scènes d’action et des moments de répi très ennuyeux. Dany Elfman, quant à lui, compose une bande originale sans relief. Avengers : l’Ere d’ultron, film hautement prétentieux, ne capte pas d’émotion, malgré sa volonté de distiller ça et là des notes humour. Bref ça ne marche pas, rien n’y fait. Malgré cette orgie de moyens et la disposition du spectateur à passer un bon moment, on s’ennuie beaucoup.

Mais ce qui frappe encore plus lorsque l’on s’intéresse à ce volet, c’est sa grande fascination pour la technologie, le numérique, la robotique et la violence.

Plus que le travail sur les créatures ou les décors, ici peu imaginatif, on est frappé par le soin que Joss Whendom met en revanche dans les détails et les gadgets (atterrissages de vaisseau, explosions réalistes, voitures s’écrasant dans la rue, écrans omniprésents, etc.). L’envie de créer des mondes imaginaires est ici détrônée par une constante préocuppation de mettre en avant une vision technique de l’humanité…  Caractéristique de notre monde, certes synonyme de progrès, mais qui, la plupart du temps, s’accompagne d’un abaissement du niveau culturel comme c’est le cas dans ce film, à travers le reflet qu’il nous renvoie de cette technologie.

Avengers : L’ère d’Ultron , photo © Marvel 2015 Avengers : L’ère d’Ultron , photo © Marvel 2015

Enfin le réalisme de la violence montrée à l’écran et l’extrême rapidité des scènes d’action peuvent aussi interroger. Très agressif, le film enchaîne situations catastrophiques et actes de combat, sortant les biscotos à l’image de ses personnages testostéronés ; au bout du voyage, le spectateur en ressort exténué. Avengers: l’Ere d’Ultron entretient aussi l’angoisse populaire avec un style anxiogène qui surfe sur des peurs plus profondes. La plupart du temps ce sont les civils, exclus de l’histoire et réduits à l’état de masse anonyme, qui sont visés par ce déchaînement de violence et de catastrophes, qui n’est pas sans rappeler celui galopant et bien réel de l’actualité.

Au bout du compte, Avengers: l’ère d’Ultron reste à l’image de ces figurines de marbre, présentées en décor du générique de fin et censées rappelées les héros de la mythologie grecque. Dénué d’esprit et de charme, le film n’a d’autre but que de viser la consommation de masse. Ce que l’on pourra retenir de cette superproduction ? Des figurines de marchandising dans des paquets de céréales, des jeux vidéo vendus en série, des rasoirs Gillette Stark industrie…

Pour en savoir, le site officiel Marvel 

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