13e Festival International du Film des Droits de l’Homme de Paris : sensibiliser au combat pour les droits humains

C’est parti pour la 13ème édition de ce festival atypique et ce jusqu’au 20 avril. Comment est-il né ? Quelles sont ses caractéristiques ? Comment fonctionne t-il ? Sacré Cinéma revient en détails sur un festival qui s’est imposé dans le paysage festivalier du cinéma, à Paris et bien au-delà…

L’affiche a été réalisée par le FIFDH à partir d’un dessin original du dessinateur de presse américain Andy Singer.

Le FIDFH est devenu aujourd’hui un rendez-vous essentiel dans la prise en compte du cinéma comme média au service des droits de l’Homme. Il occupe un « créneau original » dans les manifestations cinématographiques. Créé en 2003, il s’est développé d’années en années autour de professionnels et de bénévoles ultra motivés et surtout passionnés.  A la base, une association fondatrice, Alliance, s’est donnée pour mission de favoriser l’utilisation de l’audiovisuel et la diffusion des œuvres au service des droits humains. Le FIFDH a été créé sur cette idée. Il existait déjà à l’étranger, notamment aux Etats-Unis, des festivals de ce type. Le FIFDH a trouvé sa place assez rapidement sur la scène festivalière parisienne. Au niveau international, il bénéficie de l’effet de levier du réseau de festivals de films des droits de l’Homme fondé par Vincent Mercier avec d’autres fin 2004. Le Human Rights Film Network réunit plus de 20 manifestations spécifiquement sur ce thème dans le monde, qui réalisent entre 150 et 200 000 entrées chaque année. Depuis 2005, le FIFDH organise les Jeudis du FIFDH, chaque 2nd jeudi du mois, avec une projection d’un documentaire suivie d’une rencontre-débat avec les réalisateurs. En 2007, le FIFDH a été décliné sur le continent africain avec des premières éditions à Bangui, en République Centrafricaine, et à Lomé, au Togo, grâce notamment au soutien des fonds de l’Union européenne. Le FIFDH a été aussi décliné en régions, dans plusieurs villes de province dont Cognac, Toulouse et Dijon. Depuis bien d’autres villes ont suivi. En 2008, le FIFDH propose un service de vidéo à la demande (VOD) sur son site Internet pour permettre à davantage d’œuvres d’être vues et à un plus grand nombre d’avoir accès à ces contenus.

Le FIFDH a été créé dans l’objectif de mieux rendre visible la production documentaire sur cette thématique. Chaque année le festival reçoit des centaines candidatures, dont une grande majorité de bonne qualité. La sélection de la programmation répond à des critères précis. Le premier critère est la qualité cinématographe (écriture, réalisation, production…). Le second est l’originalité et la singularité des œuvres, en matière d’écriture ou de traitement du sujet. Le FIFDH essaie de rebondir dans la mesure du possible sur l’actualité ou les rendez-vous de l’année, même si ce n’est pas la priorité. Tous les réalisateurs sont invités à rencontrer le public après chaque projection et, en soirée, des intervenants issus de différents horizons professionnels (responsables d’ONG, chercheurs, journalistes…) viennent également enrichir les débats.

Bandeau publicitaire de la 13ème édition du FIFDH

Les films incitent tous à la réflexion. Mais pour autant les organisateurs ne privilégient pas les œuvres à thèse, sans pour autant les exclure d’emblée. Le parti pris n’est pas rédhibitoire. Il est même souvent nécessaire pour faire un bon film. Mais la qualité cinématographique, les films qui cherchent à éclairer la complexité du monde et des situations sont ceux qui rencontrent le plus l’intérêt des programmateurs.

Le cinéma peut effectivement avoir un rôle dans la promotion des droits de l’Homme, dans la manière de regarder le monde actuel. Il est un média dit « chaud » qui rend compte de manière sensible de questions souvent complexes et donne un « visage » à des hommes et des femmes en situation. Nul autre média ne favorise mieux l’identification et la mobilisation. Le Septième Art possède cette faculté d’être un des seuls arts capables de toucher un large public et de changer les esprits. Il s’agit de l’art des masses par excellence depuis sa création au début du siècle dernier. La preuve avait  été donnée avec le film d’Al Gore qui a participé à augmenter de manière importante le niveau de conscience sur l’environnement dans le monde. Si un film parvient à faire passer à l’action 1% de ses spectateurs, c’est gagné.

Photo de Vincent Mercier

V. Mercier © Alliance Ciné 2011

Le directeur de ce festival s’appelle Vincent Mercier. Sacré Cinéma l’avait rencontré en 2008 : ‘Avant de me lancer dans l’aventure du FIFDH, nous avait-il confié, je dirigeais le département marketing d’un éditeur multimédia. Ma passion pour le cinéma politique provient des émotions qu’ont suscitées en moi des films comme Saco et Vanzeti, Z ou plus récemment, Michael Clayton. Mais ma préférence va davantage au documentaire qu’à la fiction. La réalité est plus riche et surprenante. Avec la démocratisation des outils de production, le volume de documentaires aujourd’hui est de plus en plus abondant et riche. Ce genre cinématographique commence à s’imposer comme média d’information à part entière qui vient progressivement non pas se substituer mais compléter l’offre d’information des médias dominants.Je souhaite surtout qu’un maximum d’enseignants emmènent leurs classes pour permettre au plus grand nombre de jeunes d’être sensibilisés à la nécessité du combat pour les droits humains. C’est une des missions prioritaires du FIFDH. Ce sont eux qu’il faut mobiliser en priorité car ils seront les acteurs du changement de demain. »

Tender  Lynette Wallworth

Tender de Lynette Wallworth © 2013 Scarlett Pictures Pty Ltd, Lynette Wallworth and Adelaide Film Festival.

Un appel plus que jamais essentiel et urgent, huit ans après, pour cette 13ème édition qui démarre avec  la projection de Tender de  suivie d’une discussion en présence de Jacqueline Jencquel, Vice-présidente de l’Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD).

Retrouvez l’ensemble de la programmation d'[A]lliance Ciné sur www.festival-droitsdelhomme.org

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