Lumière ! Le cinéma inventé / Exposition au Grand Palais du 27 mars au 14 juin 2015

À l’occasion du 120e anniversaire du Cinématographe, l’Institut Lumière organise une exposition inédite dédiée aux  inventions phares des pionniers lyonnais du cinéma, Louis et Auguste Lumière, dont l’histoire est intimement liée à Paris : la première séance publique payante fut ainsi organisée au Salon Indien du Grand Café le 28 décembre 1895, et les frères Lumière présentèrent les premiers films en 75 mm lors de l’Exposition Universelle de 1900 non loin du Grand Palais…
Comment est apparu le cinématographe ? Quels étaient les facettes du cinéma pendant ses premières années ? Sacré Cinéma vous en dit plus pour vous préparer à découvrir cette exposition …

Pour comprendre le cinéma il faut se pencher sur son histoire parce qu’elle permet d’englober toutes ses facettes. Durant ses jeunes années le cinéma présente mille visages. Tous les types de films sont dignes d’intérêt et on ne se soucie guère de faire des classements de genre tels qu’on peut les faire aujourd’hui.

Il serait faux de penser, comme on le cite communément, que le 28 décembre 1895 le cinématographe a été « inventé » par Auguste et Louis Lumière. On pointe certes avec cette date la première projection publique et payante donnée par le cinématographe dans le salon Indien du Grand Café, boulevard des Capucines à Paris. Mais cette date symbolique est le fruit d’une longue évolution technique liée au perfectionnement des techniques de projection des images animées et dont le cinématographe se présente comme la première forme la plus aboutie. De nombreux essais de projections précèdent le cinématographe.

Lanterne magique de Kircher

Lanterne magique de Kircher

L’histoire officielle de la cinématographie s’ouvre même il y a fort longtemps au XVIIème s avec Kircher et ses descriptions de l’image réversible et des lanternes magiques. Elle se poursuit plus tard avec le praxinoscope d’Emile Raynaud et le kinétoscope d’Edison. Mais l’appareil Lumière, à la fois appareil de prise de vues et de projection, peut, en 1895, être mis entre toutes les mains.

Praxinoscope d'Emile Reynaud

Praxinoscope d’Emile Reynaud

1895 marque ainsi la naissance du cinéma comme un spectacle devant un public, même s’il s’agit de montrer la sortie de l’Usine Lumière à Lyon. Jean Mitry a, dans son livre Histoire du cinéma cité ces paroles de Georges Mélies qui a assisté à la séance du Grand Café et qui nous décrit l’état de stupéfaction devant le réalisme des scènes projetées par le cinématographe :  » A ce spectacle, nous restâmes bouche-bée, frappés de stupeur, surpris au-delà de toute expression (…) A la fin de la représentation, c’était du délire et chacun se demandait comment on avait pu obtenir un tel résultat.« 

Cinématographe Lumière

Cinématographe Lumière

Considéré comme une curiosité scientifique, l’appareil connut une époque foraine aux côtés de la femme tronc et du ventriloque ou venait s’insérer dans les entractes au théâtre, à l’opéra… On était loin de penser qu’il deviendrait vite un art et un vrai spectacle.

Dans les années 1910 apparaissent les premières salles uniquement dédiées au Septième Art. Puis la puissance industrielle des Etats-Unis a exploité l’invention française pour en en faire une industrie et un grand spectacle, comme en témoignagent les premières superproductions avec de nombreux figurants comme Intolérance de Griffith. Bien que nous ayons eu chez nous des industriels comme Gaumont ou Pathé dont nous pouvons être fiers, cette dimension du cinéma comme industrie semble ensuite avoir échappée à la France. Dès 1918, les frères Pathé, par exemple, se sont convaincus de la suprématie de l’industrie cinématographique américaine. Il leur paraissait illusoire de vouloir s’y opposer. Dès lors ils ont cherché à céder dans les meilleures conditions les différentes branches de leur trust. Ce qui peut expliquer pourquoi le cinéma français s’est longtemps concentré sur une tradition du film d’Art alors que le cinéma américain détenait davantage le sens du grand spectacle qui nécessitait le développement de moyens de productions plus massifs.

Il est donc frappant de constater que, dans les grandes étapes de sa naissance et en l’espace d’une vingtaine d’année le cinéma a eu tous les visages, à la fois objet scientifique, appareil d’expérimentation, attraction, spectacle, art, commerce, industrie.

PRÉSENTATION DE L’EXPOSITION ( description extraite du site officiel )

Riche, créative et avant-gardiste, l’œuvre des frères Lumière fut motivée par une fascination pour les images fixes ou en mouvement.

Du Cinématographe, appareil permettant tout à la fois de filmer, de tirer des copies et de les projeter, à l’Autochrome mettant la photographie couleur à la portée de tous, en passant par le Photorama, premier essai concluant de projection de vues à 360°, la première partie de l’exposition présente les multiples innovations de la famille Lumière qui marquèrent l’avènement d’une épopée technique, artistique et industrielle universelle en constante évolution : le cinéma. Une large place est ainsi consacrée à la diffusion, sous différentes formes, des 1 500 films Lumière, joyaux aux multiples interprétations : reflets de l’Histoire, des prémices de l’écriture cinématographique, de l’ouverture au monde mais aussi témoins de la vie familiale du début du XX e siècle.

D’un parti-pris visuel qui bénéficie des dernières techniques liées au numérique, le parcours et le dispositif scénographique contribuent à ré-enchanter les images et à retrouver leur magie originelle. Ils donnent aussi  l’occasion de s’interroger sur leur devenir et sur les territoires du futur technologique que les héritiers des Lumière, d’Edison, de Marey, Demenÿ ou Muybridge explorent à l’aube du XXIe siècle. Ainsi, la seconde partie de l’exposition aborde au sens large la question del’Héritage Lumière : l’évolution des techniques de filmage – le passage de l’argentique au numérique -, la trace de l’esthétique Lumière chez les cinéastes contemporains, la mythologie des salles de cinéma… Sont alors convoquées les œuvres de Bresson, Pialat, Klein, Crasneanscki, etc.

Cette exposition contribue à redonner sens et place à l’image de cinéma, qui au début du XXI e siècle, connait d’importantes mutations.

Commissaires : Thierry Frémaux et Jacques Gerber
Scénographe : Nathalie Crinière

Exposition produite par l’Institut Lumière.  Site officiel de l’exposition

Avec le soutien du CNC, du Ministère de la Culture et de la Communication, de la Ville de Lyon, de la Métropole de Lyon, de la Région Rhône-Alpes, de la Région Île-de-France, du Musée des Confluences, de BNP Paribas, de Corniche Pictures et de Chopard.

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