A propos de « Allumer le chat », un livre de Barbara Constantine

1ère de couverture Photo Allumer le chat

1ère de couverture Photo Allumer le chat © le cercle Points

Que font les professionnels du cinéma quand ils ne travaillent pas ? Ils écrivent ! C’est ce qu’a décidé de faire Barbara Constantine en 2007, en se lançant dans l’écriture de son premier livre Allumer le chat. Depuis, elle en a écrit quatre autres, dont le dernier, Et puis Paulette…, a obtenu le prix Marguerite Audoux en 2013. 

L’écriture ça la connaît. Elle est scripte au cinéma. Elle détient 64 films à son actif et a collaboré avec de grands réalisateurs: Altman, Ruiz (avec qui elle a fait de très nombreux films), Mocky… Son premier film en tant que scripte date de 1973 avec Une baleine qui avait mal aux dents de Jacques Bral. Elle a également travaillé sur le Renard et l’enfant de Luc Jacquet. Entre ses deux films, un beau parcours  au sein duquel on peut encore citer Les poupées russes de Cédric Klapisch, La fidélité de André Zulawski ou encore Vincent et Théo de Robert Altman. On la présente souvent comme la fille d’Eddie Constantine. Mais, outre cette filiation, elle détient surtout un itinéraire artistique bien à elle. Romancière, céramiste, elle travaille le plus souvent pour le septième art. Même si elle vit dans la région parisienne, Barbara aime descendre dans le Berry avec ses chats pour y planter d’autres racines, celles d’une vie plus calme, au rythme des saisons.

Photo Barbara Constantine

Photo Barbara Constantine © D.R.

Etre scripte ou romancier, ce n’est pas la même chose. Pourtant on constate que cette femme surprenante possède bien plus d’une corde à son arc. Son premier roman ne ressemble à aucun autre. Au départ déroutant et surprenant par son style direct et populaire, l’auteur, finit par entraîner son lecteur dans un univers artistique assez inédit, au croisement de multiples influences culturelles entre Queneau et les Deschiens.

L’histoire ? Un livre mosaïque, comme un puzzle, qui dresse des portraits aux milles visages, tous plus rocambolesques les uns que les autres. Barbara Constantine a choisi de présenter des personnages embarqués dans des faits divers tantôt saugrenus, tantôt sordides ! On y trouve, entre autre, un embaumeur de pompes funèbres qui se lance dans la photo de cadavres; une femme, Josette, qui se réconcilie avec son père, rebouteux, qui, lui, veut tuer le chat; une vieille fille qui écrit à un prisonnier…  Bref un monde sans dessus dessous, des personnages décalés et névrosés qui laissent libre cours à l’expression de leur inconscient, tous plus délirants les uns que les autres.

Et le tour de force de ce livre, c’est bien d’arriver à nous faire avaler tout cela ! Au départ déconcertant, le livre peu à peu plonge son lecteur dans un monde imaginaire qui rappelle l’univers de Jacques Prévert, entre surréalisme et poésie. D’événements dramatiques et totalement dénués de repères, Barbara Constantine tire un récit léger, cinglant et donne une vision dédramatisée de la vie. Un rêve d’insouciance l’espace d’un livre, un pied de nez à l’existence…

Construit en 70 courts chapitres, le roman se compose d’une succession de tableaux scéniques très cinématographiques dans leur style (phrases courtes et imagées). L’auteur déclare qu’elle a écrit également ce livre « pour être lue par des gens qui ne lisent pas d’habitude. Pour que ça les fasse rire. Je ne conçois pas la vie sans rire« , dit-elle. Pari tenu ! Sourires et fous rires ne manquent pas en allumant ce chat…

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